Pourquoi deux journalistes s’intéressent-ils au travail du sexe ?

Elsa Gambin

Après de longues et intenses réflexions (et beaucoup de café pour l’un, beaucoup de thé pour l’autre), T’es DéesSe newsletter voit le jour en cette année 2021, avec une ambition, sobre et engagée. Relayer, chaque mois (selon nos possibilités), l’actualité du travail du sexe.

Quatre informations, choisies par nos soins, parfois par l’urgence, la marche du monde, souvent par l’envie, en tout cas avec un seul souci : celui de rendre visible le travail du sexe.

Pour couper court aux abolitionnistes qui seraient tenté.e.s de nous tomber dessus, notre seule réponse sera celle-ci : nous choisissons d’écouter celles et ceux dont c’est le métier. Ils et elles existent, et l’actualité les concernant ne vaut pas moins qu’une autre. Les personnes dont c’est le quotidien ne doivent être ni stigmatisées, ni invisibilisées. Ils et elles devraient avoir accès aux dispositifs de droit commun, bénéficier de protection sociale et juridique, de reconnaissance, vivre avec un salaire décent, tout autant que n’importe quel.le travailleur ou travailleuse.

T’es DéesSe news, écrite par deux journalistes professionnels indépendants, souhaite relayer l’actualité du travail du sexe, en n’oubliant personne. Performeuses et performeurs, cam-girls et cam-boys, accompagnants et accompagnantes sexuel.les, strip-teaseurs et strip-teaseuses, prostituées et prostitués…

Dans les articles et les interviews, l’acronyme TDS signifiera, selon les phrases, travail du sexe ou travailleur.se.s du sexe.

Aux associations et allié.e.s des TDS qui souhaiteraient nous contacter ou nous donner des informations, vous pouvez nous joindre à l’adresse suivante : tdsnews@protonmail.com ou bien via le compte Twitter @TesDeesse_NL.

Dans chaque numéro, nous espérons qu’une personnalité, liée de près ou de loin au monde du travail du sexe, acceptera de nous, de vous écrire un texte.

La 1ère newsletter a tapé fort, avec d’emblée un texte inédit de l’écrivaine Emma Becker, autrice du livre « La maison », qui racontait son expérience de TDS pendant deux ans dans une maison close berlinoise.

Merci à elle, et à tous.tes celles et ceux qui nous suivront dans cette aventure.

Don’t forget, sex work is work.

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Jonathan Konitz

Evacuons d’entrée de jeu la question des abolitionnistes : oui nous allons traiter l’actualité du monde des TDS. Des hommes et des femmes dont l’activité professionnelle tourne autour du sexe. Ou dit plus vulgairement : « des personnes qui gagnent leur vie avec leur cul. »

Non, ce n’est pas pour autant que nous défendons l’existence des réseaux criminels dans le monde de la prostitution ou de la pornographie. La situation est infiniment plus complexe qu’un simple « ils/elles sont systématiquement des victimes de réseaux », et les producteurs véreux mériteraient d’être condamnés sévèrement.

Aussi incroyable que celui puisse paraître, des personnes choisissent d’être TDS. Et s’épanouissent ! A nos détracteurs, retenez ceci : nous sommes journalistes professionnels. Nous ne devons de compte à personne. Notre ligne éditoriale, qui ne regarde que nous, nous l’avons choisie car nous estimons que l’actu’ du monde des TDS n’est pas suffisamment mise en valeur, ou traitée de manière erronée.

Notre proposition est simple : une newsletter par mois (dans la mesure du possible) quatre papiers par newsletter, plus un édito. Des histoires positives, mais aussi parfois dramatiques, sans pour autant tomber dans le « pathos ». Cette newsletter, avec Elsa, nous l’avons voulu gratuite. Déjà parce que nous ne sommes pas assez organisés/motivés/obsédés par l’argent (rayez la mention inutile) pour gérer un compte bancaire spécialement dédié. Ensuite, parce que nous savons que chaque euro compte pour certain(e)s TDS. Hors de question d’exclure quelqu’un à cause de l’argent.

Nos papiers seront courts (promis, on va essayer, mais c’est déjà loupé pour ce n°1). Nous partons du principe que nous serons essentiellement lus sur Smartphone, dans les transports en commun, aux WC ou dans la baignoire. Et scroller 6 pages d’enquête à la force du pouce, bonjour… Cela dit, nous ne nous interdirons pas un long format de temps en temps si le sujet le mérite. Tout ne sera pas parfait pour ce premier numéro. Les choses vont s’ajuster et évoluer au fil du temps. Nous comptons sur vos remarques pour nous améliorer.

Enjoy.